
Coucou !
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⊂(◉‿◉)つ
Négocier mon salaire, à quel prix ?
La question de D :
Bonjour,
Je m’interroge énormément sur la question de « négocier son salaire ». Quand je reçois une proposition de salaire je me demande :
– Est-ce que toustes les acteurices sont payé·es pareil ?
– Est-ce que les 12 ans d’ancienneté sont pris en compte et sont toujours d’actualité ?
– Est-ce que je me grille si je demande tout ça ? Est-ce que je risque des commentaires du style « si ielle est trop chiant·e avec ça, plus personne ne voudra travailler avec ellui » ?
Belle journée
D
Ma réponse à 2 balles :
Chèr·e D,
Merci pour ta question, je me permets de te tutoyer, par habitude et pour t’inviter à me tutoyer en retour si c’est OK pour toi 🙂
Le sujet de la négociation de la rémunération est vaste et très chargé (émotionnellement, politiquement, éthiquement…), mais si on en revient aux bases : un contrat de travail c’est un document qui reprend le cadre et les conditions sur lesquelles employeureuse et travailleureuse se sont accordé·es dans le cadre d’une mission.
Et pour être accordé·es, il faut que chacun·e puisse s’estimer satisfait·e… Donc oui, le droit à la négociation de la rémunération, c’est la base en fait.
Évidemment maintenant qu’on dit ça, on dit rien en fait…
Car ta question ne me semble pas être « Est-ce que j’ai le droit ? », mais bien « Qu’est-ce que ça aura comme conséquences sur ma réputation et sur ma carrière ? ».
Je n’ai pas de réponse toute faite, ni de réponse universelle à cette question, car évidemment ça dépendra du contexte, de l’interlocuteurice, de la manière dont la négociation est abordée etc.
Mais voici plusieurs éléments de réponse à tes sous-questions, et 2-3 infos en plus :
– À savoir : La rémunération est une information confidentielle qui relève de la vie privée, on ne peut donc pas communiquer sur la rémunération d’une tierce personne sans son accord préalable. Dans notre secteur, ça veut dire que ni la production, ni lea porteureuse de projet, ni les autres membres de l’équipe ne peuvent parler de la rémunération d’une personne en particulier.
Par contre on peut parler de la moyenne des rémunérations, ou de la grille salariale globale (si elle existe) ou de la rémunération par poste (si c’est pertinent et que ça ne révèle pas d’office l’identité d’une personne seule occupante dudit poste), ou encore de la politique générale de rémunération (genre « tout le monde perçoit le même salaire », ou « le salaire des jours de répétitions s’élève à X et celui des jours de représentation à Z »…).
Et on peut communiquer sur sa propre rémunération, poser la question directement aux autres membres des équipes en ce qui les concerne etc.
– Les 12 années d’expérience acquise après la fin de l’obligation scolaire font partie des rares critères imposés sur les minima salariaux des travailleureuses artistes, technicien·nes et administratifves « avec responsabilité finale » au sein de la commission paritaire 304, donc oui, elles sont toujours d’actualité.
Les employeureuses de la commission paritaire 304 sont obligé·es de les prendre en compte pour être en conformité avec les barèmes, mais parfois il peut être bon de rappeler que tu as atteint ces 12 années (je ne sais pas si c’est le cas..? Comme on ne se connait pas ;))
By ZE Way, les barèmes de la CP 304 sont disponibles ICI MAGIC CLIC
– Je ne dirais pas que tu te grilles en posant ces questions à celleux qui te font des propositions salariales.
Mais tu vas probablement générer un petit malaise… On ne va pas se mentir…
D’abord car tu vas ouvrir un dialogue à propos d’argent (car la proposition salariale n’est pas forcément une invitation au dialogue… on espère quand même toujours que la réponse sera jute « oui », ou « oui, merci », ou « OK », ou même « Parfait »…)
Et ensuite car souvent les budgets sont construit de telle manière qu’il n’y a pas vraiment de place pour la négociation :
Les finances sont (hyper) serrées
Les propositions salariales arrivent souvent tard dans le processus de pré-production (car les prods essayent d’abord de sécuriser les financements, ce qui peut être looooooooooong à venir)
Les salaires restent malheureusement une possible « variable d’ajustement » face à d’autres frais incompressibles (on peut toujours demander à une personne de bosser un peu plus sans être payée, on peut difficilement acheter quelques costumes ou éléments de décors de plus sans les payer…)
Mais en fait tout ça ce n’est pas ton problème, ni ta responsabilité.
Quand tu es engagée pour intégrer une équipe artistique, tu n’es pas en charge de l’équilibre financier de la production.
Si tu n’es pas d’accord avec la proposition salariale qui t’est faite, tu as le droit de le dire.
Et si tu n’es pas à l’aise avec la « négociation salariale classique » du genre :
D : non, je veux plus
La production : non
D : ah mince, bon c’est d’accord alors, merci.
J’écris de trop bons dialogues !!
Alors peut-être que tu peux poser des questions plus détaillées qui permettront de parler du cadre de la rémunération sans forcément parler d’argent :
– Est-ce que toutes les périodes de répétitions et résidences de création sont rémunérées ?
– Est-ce que les réunions préparatoires sont rémunérées ?
– En tournée à l’international, est-ce que les temps de voyage sont rémunérés, à partir de combien de temps de trajet ?
– Si tu bosses dans une ville dans laquelle tu ne vis pas, est-ce que les temps de trajets sont compensés ?
– Lorsque les journées de travail dépassent X heures, est-ce qu’une compensation est prévue ?
Ou alors carrément :
– Habituellement mon salaire est équivalent à XXX€ bruts par jour, là c’est moins, y a-t-il de la place pour une négociation ?
Mais aussi, plus technique :
– Il y a X ans, mon salaire pour une production similaire était équivalent à XXX€ bruts par jour, depuis il y a eu X indexations obligatoires des salaires donc la proposition devrait être équivalente à XXX€ bruts par jour, non ?
Pour info l’historique des dernières indexations des salaires en commission paritaire 304 est visible ici : CLIC.
Enfin, tu peux aussi décider, si c’est possible pour toi et que tu t’en sens l’aplomb et l’énergie, de prendre les devants à l’avenir, et énoncer tes attentes salariales dès le début des discussions.
De cette manière, ta demande peut potentiellement être d’emblée intégrée dans les calculs budgétaires prévisionnels.
Bref, j’ai dit « réponse rapide » et j’écris un roman, sans surprise 🙂
Pour terminer je voulais encore te dire que j’ai effectivement entendu des gens dire d’autres personnes qu’elles étaient « difficiles » car elles négociaient leur salaire, les gossips et les opinions idiotes ne sont pas simple à éliminer.
Mais je n’ai jamais été témoin de « mise au placard » pour cette raison, car négocier son salaire en bonne intelligence ne veut pas dire faire chier sur tout tout au long du travail…
Si la discussion à propos du salaire se passe mal, c’est généralement un red flag qu’il vaut mieux ne pas ignorer.
Merci de lancer d’emblée ce sujet brûlant, plus nous en parlerons et plus nous pourrons instaurer collectivement de nouvelles pratiques.
J’espère t’avoir apporté des éléments de réponse !
À bientôt
Manon
PS : À partir de 2026, une directive européenne va obliger la Belgique à instaurer la transparence salariale au sein des entreprises.
Il ne s’agira toujours pas de publier les salaires exacts de chaque personne au sein de l’entreprise, mais bien d’obliger les entreprises de minimum 50 employé·es à fournir les informations anonymisées sur les salaires moyens par catégorie d’emploi et par genre (https://emploi.belgique.be/fr/themes/egalite-et-non-discrimination/transparence-des-remunerations-projet-be-magic)
Je me demande quel impact ça aura sur nos pratiques 🤓
PPS : L’histoire retiendra que, gonflée à bloc par la lecture de ma réponse à 2 balles, D négociera son salaire pour la première fois de sa vie et repartira avec l’équivalent de + de 180 balles brutes par mois, sans forcer.
SLAY QUEEN !!
Les frais de transport de la parentalité quand on travaille à l’étranger
La question de J :
Bonjour,
J’ai une question à quelques centaines de balles 🙂
Je travaille souvent à l’étranger, je suis parent·e.
Est-ce que j’ai une quelconque possibilité de négocier la prise en charge d’un trajet « supplémentaire » pour me permettre de rentrer voir mon enfant ou que celui-ci puisse venir me voir ?
Ou est-ce que je devrais négocier mon salaire à la hausse pour réussir à prendre en charge ces frais ?
Bonne journée
J
Ma réponse à 2 balles :
Bonjour J,
Merci pour ta question, je me permets de te tutoyer, par habitude et pour t’inviter à me tutoyer en retour si c’est OK pour toi 🙂
Malheureusement, la parentalité est presque un non-sujet quand on parle des règlementations du travail, en dehors des questions de congé de maternité, naissance, parental etc. Qui sont financés par les caisses de solidarité de la sécurité sociale (oui… la base quoi).
Ça ne veut pas dire que rien n’est possible, juste qu’on sortira forcément des cadres, et qu’il faudra donc en créer de nouveaux et potentiellement les négocier.
Les questions liées à la parentalité des acteurices, technicien·nes et autres membres des équipes de création sont de plus en plus discutées, également en tant qu’enjeux féministes dont il est temps de se saisir si on veut que nos modes de fonctionnement soient un peu cohérents avec ce que nous défendons sur les plateaux et dans les brochures de saison… Je m’égare 😉
La prise en charge de frais de transport « additionnels » pour les parents dans des cas similaires au tien est quelque-chose qui se pratique dans le cadre de missions internationales dans notre secteur.
Par contre je t’encouragerais à la négocier en tant que telle.
Mathématiquement, valider une augmentation de ton salaire pour pouvoir couvrir ces frais additionnels ne serait pas une bonne opération pour la production au sein de laquelle tu es engagée, je m’explique via un calcul simulant la situation :
Imaginons que ces frais de transport représentent une dépense totale de 200 € TVAC.
Et que ton taux de précompte professionnel est de 20%.
Pour que tu reçoives 200 € de salaire net en plus, il faudrait que ta rémunération brute augmente de 291,09 €, ce qui représente une dépense salariale toutes charges comprises d’environ 430 € pour la production…
(Sans compter d’éventuels frais de gestion de BSA -Bureau Social pour Artiste- si tu transites tes contrats via Amplo ou autre, par exemple).
Si c’est moi qui gère cette production, je préfère largement valider la prise en charge en direct de frais de transport à hauteur d’un montant maximal qu’on convient ensemble, plutôt que de devoir débourser 2,15 fois plus pour que tu disposes de cet argent en équivalent de salaire net… On a dit qu’on se mentait pas !
Donc je te suggèrerais de :
– Faire les recherches qui te permettent de savoir quel plan de transport tu déciderais (faire venir ton enfant sur place ou aller auprès d’ellui, quel moyen de transport, à quel tarif etc.),
– Combien de fois tu souhaites le faire sur la période,
– Et proposer un plan chiffré à la production 🤑
À mon sens, imposer à une personne d’être en déplacement pour 5 semaines consécutives ne peut pas se faire sans offrir un espace de retour au domicile (que la personne soit parent·e ou pas d’ailleurs, mais évidemment d’autant plus dans le cas de la parentalité).
Donc ta demande me semble très légitime, fonce 🙂
Merci d’avoir ouvert ce sujet intéressant et hyper important, plus nous en parlerons et échangerons et plus nous pourrons instaurer collectivement de nouvelles pratiques.
J’espère t’avoir apporté des éléments de réponse concrets et utiles !
À bientôt
Manon
PS de janvier 2026 : la CCTA, Aires Libres et La RAC viennent d’éditer un Guide parentalité et travail en arts de la scène, il est à destination des compagnies mais regorge d’infos utiles et pertinentes pour toustes !
Salaire brut mensuel ou salaire brut journalier ? Quelle importance ?
La question de J :
Bonjour Dr Money,
En tant qu’employé, j’ai parfois de la peine à m’y retrouver entre les employeureuses qui parlent en brut journalier et celleux qui parlent en brut mensuel…
Est-ce que tu pourrais m’éclairer de tes lumières ?
Merci pour tout ce que tu fais pour nous sortir de l’obscurité.
Kuss
J
Ma réponse à 2 balles :
Cher J,
Merci pour ta question hyper intéressante et que je me suis moi-même posée tout un temps !
Jusqu’il y a peu on parlait presque toujours de salaire brut mensuel… Parce que c’est la norme générale (au-delà de notre secteur je veux dire).
Mais cette norme n’est pas vraiment pertinente dans notre secteur d’activité ; où on a plutôt tendance à collectionner des contrats courts.
En fait, c’est une question d’unité de mesure :
Quand tu es salarié·e sur une période ininterrompue relativement longue (disons, à partir de 6 mois, par exemple), c’est sensé de réfléchir ton salaire brut à l’échelle mensuelle ; car tu vas recevoir le même salaire brut pour chaque mois entier rémunéré.
Mais quand tes contrats ne couvrent jamais que quelques jours ou quelques semaines, alors il vaut mieux prendre l’habitude d’utiliser une unité de mesure journalière pour penser ton salaire brut.
J : Oui OK, mais pourquoi ?
Manon : Pourquoi ? Ah excellente question, merci de l’avoir posée !
J : … Oui, c’était ma question de base…
Si tu restes sur une unité salariale mensuelle, ton salaire n’est pas le même chaque jour 🤓
J : Mais non !!?! (Incrédule)
Manon : Mais si ! (Déterminée)
J : Mais… Comment ça se fait ??? (Un peu perdu·e)
Manon : Excellente question !! Décidément 🤩
Prenons un exemple chiffré pour que ce soit limpide :
Posons les données de base : tu es rémunéré·e au régime de 6 jours / semaine,
Pendant 6 jours en février 2026 et ensuite 6 jours en mars 2026,
À un salaire équivalent à 4.200 € brut / mois.
En février 2026, je compte 24 jours ouvrables (samedis inclus).
Ton salaire brut serait donc équivalent à 4.200 / 24 x 6 = 1.050 € bruts pour la semaine ➡️ 175 € bruts / jour en février.
En mars 2026, je compte 26 jours ouvrables (toujours samedis inclus).
Ton salaire brut serait donc équivalent à 4.200 / 26 x 6 = 969,23 € bruts pour la semaine ➡️ 161,54 € bruts / jour en mars.
🐙 CQFD 🐙
🥸 Ton salaire réel a diminué entre février et mars, alors que ton temps de travail est le même et que ton salaire mensuel n’a pas bougé 🥸
Eh oui…! Si tu valides un salaire brut sur une base mensuelle, ce salaire mensuel sera divisé chaque mois par le nombre de jours ouvrables du mois pour déterminer ton équivalent de salaire journalier 🤯
Julien : Mais non !!?! (Scandalisé)
Manon : Mais si ! (Exaltée)
Tu comprendras donc pourquoi il vaut mieux, à mon avis, valider avec tes employeureuses un salaire brut journalier afin de t’assurer la stabilité salariale, la sérénité dans tes comptes persos et in fine la clarté de tes thunes !!
Julien : Ah oui… (Convaincu)
Manon : Eh oui. (Modestement triomphante)
Tu l’as sans doute constaté, ces dernières années les employeureuses concluent de plus en plus des contrats de travail avec un salaire brut journalier, même dans le cadre des contrats un peu plus longs pendant les créations. La norme de notre secteur évolue petit à petit, je pense que c’est une bonne chose 😏
Bisous !
M
Qui paye mon salaire en tournée ?
La question de L :
Bonjour Manon,
J’espère que tu vas bien !
Je te contacte parce que je me suis retrouvée à assister un porteur de projet sur son administration. J’apprends sur le tas et c’est pas super évident comme tu t’en doutes.
Mon problème actuel est le suivant :
Je suis en train de faire le prix de cession de son spectacle pour la tournée, et j’y ai inclus 2 cachets pour moi (en tant qu’accompagnement administratif et diffusion).
Comment faire pour être rémunérée avec un contrat de travail sur ces dates ?
Est-ce que je fais un contrat avec le lieu qui programme le spectacle ?
J’ose pas trop leur demander, normalement je pense qu’ils virent tout le prix de cession à la compagnie et puis on répartit entre les différents interprètes et techniciens qui font des factures.
Qu’est-ce que tu me conseillerai?
Merci mille fois et bonne fin de semaine,
L
Ma réponse à 2 balles :
Bonjour L,
Merci pour ta question, bienvenue dans les méandres de l’administration 🤓
L’usage, c’est effectivement que quand un lieu achète un spectacle, le lieu paye la facture à la structure qui produit/diffuse le spectacle, et cette structure rémunère les membres de l’équipe elle-même.
Si la structure qui produit le spectacle ne peut pas engager du personnel sous contrat de travail, il faudra effectivement trouver un·e intermédiaire qui pourra agir en tant qu’employeureuse pour chaque membre de l’équipe (sauf pour les personnes travaillant sous le statut d’indépendant·e qui, elles émettrons directement des factures de prestations, mais ce n’est pas ta question ; je m’égare déjà… ;)).
Pour ce faire, il y a plusieurs possibilités :
– Soit tu as une compagnie, organisée en entreprise ou association (ASBL par exemple), qui est inscrite auprès de l’ONSS en tant qu’employeureuse et est en capacité de t’engager sous contrat de travail. A priori si c’est le cas alors tu dois être plutôt rôdée et ce n’est pas ton premier rodéo 😎
– Soit tu utilises les services d’un BSA (Bureau Social pour Artistes) qui facturera ta prestation à la structure de production du spectacle (qui deviendra alors le·a « donneureuse d’ordre ») et se chargera d’accomplir les obligations sociales et fiscales pour ton engagement sous contrat de travail. Ces prestations ont un coût (of course), qui est normalement clairement annoncé dès le départ et au prorata des montants facturés. Les différents BSA existant en Belgique sont, à ma connaissance, Amplo, Tentoo, Merveilles, Smart et Paypro Services.
– Soit tu as une « compagnie amie » qui accepte de faire un peu de « portage administratif » de certains de tes contrats, ça se fait beaucoup (ça peut valoir le coup de demander autour de toi ou de solliciter directement les compagnies avec lesquelles tu as l’habitude de travailler ou avec lesquelles tu te sens en confiance).
– Certain·es artistes et technicien·nes se regroupent également au sein de structures de type ASBL qu’iels créent et équipent afin d’avoir un outil administratif mutualisé. C’est le cas par exemple d’1x2x3 ASBL (que je connais très bien puisque je travaille avec elleux, mais il doit y en avoir d’autres).
Personnellement je te déconseillerais de demander à avoir un contrat de travail en direct avec le lieu qui programme le spectacle ; lorsque le spectacle va tourner ça veut dire que tu devras refaire ce deal avec chaque lieu d’accueil, ce qui risque vite de devenir une usine à gaz. Ce serait une solution de courte durée.
Je te conseillerais plutôt de penser un modèle qui te convienne à moyen terme, quelque chose que tu puisses roder un peu afin d’éviter de t’imposer une charge administrative supplémentaire.
L’idéal, je pense, est que la structure qui produit le spectacle soit en mesure de te proposer des contrats de travail « en direct » pour tes prestations, mais pour ça il faut que qu’elle soit inscrite à l’ONSS etc. et ce n’est pas toujours réaliste par rapport à la nature et au volume de ses activités et de ses moyens financier et humains…
Si tu as besoin de plus de précisions, n’hésite pas !
À bientôt
Manon
Brut – net ; où va l’argent ?!?
La question de P :
Bonjour Manon,
J’ai reçu ma paye aujourd’hui, et je pense qu’il y a une erreur car normalement le montant est de 390 €, or je n’ai reçu que 274,66 €.
Est-ce qu’il y a un problème ?
Bonne journée,
P
Ma réponse à 2 balles :
Bonjour P,
Je pense qu’il y a eu un problème oui, mais plutôt au niveau de la communication que dans les chiffres.
Ton contrat de travail mentionnait bien 2 jours à 195 € bruts / jour soit un salaire total de 390 € bruts.
Le taux de précompte professionnel que tu as choisi est de 18 %, le calcul de ton salaire net se déploie donc comme ceci :
390 € bruts
– 55,05 € de cotisations ONSS employé·e
– 60,29 € de précompte professionnel
= 274,66 € nets
C’est le montant de ton salaire brut qui est repris sur tes contrats de travail. C’est lui qui exprime la base claire de ta rémunération, et même si il ne s’agit pas du montant qui te sera versé par ton employeureuse, il est bien la référence que tu dois garder en tête lors des discutions salariales (je détaille le pourquoi plus bas).
Ton salaire brut est composé de 3 éléments :
Petit a : Les cotisations ONSS employé·e, c’est-à-dire ta contribution aux caisses de solidarité de la sécurité sociale (afin de financer principalement les soins de santé, les compléments de revenus ou allocations familiales, les revenus de remplacement en cas de chômage, de maladie, de parentalité, de retraite etc.)
Petit b : Le précompte professionnel, qui est la retenue d’impôt prélevée sur chaque salaire. Soit une avance sur l’impôt des revenus professionnels, prélevée « à la source ».
Petit c, comme « ça y est, enfin !! » : Le salaire net, qui est le salaire qui t’est versé par l’employeureuse (bruit de casino – machine à sous, OU trompette décevante…. ça dépend…)
💰 La part de cotisations ONSS employé·e, elle est fixe (13,07 % du brut à 108 % pour les ouvrier·es et artistes, 13,07 % du brut pour les employé·es), donc c’est plutôt clair.
💰 La part de précompte professionnel, elle est tout à fait variable… Est c’est potentiellement moins clair.
Tu peux opter pour un taux « barèmes légaux » qui impliquera de la part de ton employeureuse le calcul d’un taux cohérent avec ton salaire brut, mais attention au fait que ce taux prendra en compte ce salaire sur base d’un contrat couvrant l’entièreté de l’année… ce qui n’est pas souvent le cas dans nos réalités de travailleureuses des arts qui collectionnons les CDD… on a dit qu’on se mentait pas !
Tu peux également demander à ton employeureuse qu’iel applique un taux de précompte professionnel spécifique, dans ce cas il te faudra choisir entre 11,11 % et… à ma connaissance il n’y a pas de maximum, mais je n’ai jamais eu de demande dépassant 33 % .
Bon à savoir : le précompte professionnel est prélevé sur le « brut imposable » c’est-à-dire le salaire brut diminué des cotisations ONSS employé·es.
Fun fact (or not, ça dépend) : ton salaire net sera donc grandement impacté par le taux de précompte professionnel appliqué sur ton brut imposable.
Par exemple : pour un contrat d’artiste au salaire brut de 200 € , soit 200 x 108 % – 13,07 % = 171,77 € brut imposable :
➡️ Si le taux de précompte est à 11,11 % , le salaire net sera de 152,69 €
➡️ Alors que si le taux de précompte est à 33 % (#grandécart), le salaire net sera de 115,09 €
Une différence de 37,60 € !!
Ceci dit, cette différence n’est pas « perdue » pour l’employé·e, puisqu’il s’agit d’une avance versée sur ton impôt sur les revenus. En revanche si tu négocies sur base du salaire net sans préciser le taux de précompte que tu souhaites, il est potentiellement aisé d’augmenter artificiellement le net en diminuant le taux de précompte.
Bref, cet aparté pour conclure sur un petit conseil à 2 balles :
Si tu négocies directement avec ton employeureuse, l’entreprise qui va t’engager en direct via un contrat de travail, alors vous discuterez du salaire brut.
Si tu négocies avec un·e commanditaire / un·e client·e à qui tu adresseras une facture via une structure intermédiaire (bureau social pour artiste de type Tentoo, Amplo etc.), alors vous discuterez du budget TTC (sujet qu’on va développer dans une autre question pour ne pas écrire des romans à chaque fois #vœupieux).
Si tu souhaites négocier dans le vide et sans protection, vous discuterez du net 😵.
J’espère que tout ceci t’apportera un peu de clarté chiffrée !
À bientôt
Manon
PS : Et si tu veux que je fasse 2-3 calculs pour toi, j’ai mis au point une petite calculatrice de salaire brut -> net qui est accessible ici : 🧮 Calculatrices à 2 balles 🤓
Barèmes… Les minima salariaux ?
La question de N :
Bonjour,
Déjà 1.000 mercis pour ce site, ça fait du bien de ne pas se sentir vénale en posant des questions pognon.
Quand on parle de barèmes, c’est bien le salaire minimum qu’un employeur doit proposer à un poste x pour l’employé x dans une catégorie x ?
Et si oui, en moyenne, les rémunérations proposées sont-elles au-dessus de ces barèmes, et si oui à quel point au-dessus ?
Merci beaucoup pour ton retour.
N
Ma réponse à 2 balles :
Bonjour N,
Merci pour tes retours !!
À mon sens, être vénale c’est quand tu souffres d’un syndrome de Diogène du fric, genre ces gens-là : clic vers des tas de fric.Alors comme il y a encore de la marge ; posons-nous des questions oui !
Petit aparté : Après avoir terminé la rédaction de ma réponse, je réalise que j’ai once again 🫣 fait une intro technico technique un poil longue…
Si tu ne veux pas te farcir l’entièreté de mon explication, tu peux directement rejoindre l’emoji licorne ci-dessous 💝
Et si tu veux tout lire, tout savoir et TOUT comprendre ; accroche ta ceinture, bienvenue dans mon TedTalk.
Effectivement quand on parle de barème salarial on veut parler du salaire minimum que doivent respecter les employeureuses d’une commission paritaire.
Okay… mais euh… Les commissions paritaires ?
Les commissions paritaires (de leur petit nom CP), c’est en quelque sorte les boss des boss, dont les boss font partie 🤓
Les commissions paritaires regroupent les entreprises en fonction de leur domaine d’activité, afin d’établir des règles communes à ces entreprises.Elles sont composées à parts égales de :
👯♀️ Représentant·es syndical·es
👯♀️ Représentant·es d’organisations patronales
Et ce sont elles qui, entre autres, concluent les fameuses CCT : les Conventions Collectives de Travail.
Aaaaaah oui… Les fameuses CCT… 😶
Les CCT, ce sont en fait les accords convenus au sein des Commissions Paritaires par les représentant·es des employeureuses et celleux des employé·es. Ces accords fixent les cadres et limites au sein desquels le travail peut légalement s’organiser dans les entreprises qui relèvent de ladite Commission Paritaire.
Oui oui… Limpide 😭
Tout ça pour dire qu’il y a des règles, que tout le monde ne fait pas tout à fait ce qu’iel veut et que les travailleureuses sont quand même un peu protégé·es.
Concrètement : La Commission Paritaire du spectacle, c’est la CP 304.
Si tu cliques ICI, tu accèderas à une page sur laquelle sont téléchargeables les principales Conventions Collectives du Travail de la Commission Paritaire 304 (si tu aimes la lecture 🤓)
Sur la même page, tu trouves également les barèmes (donc les salaires minimaux) en fonction des catégories de travailleureuses, chez les employeureuses francophones de la CP 304.
Attention que ces barèmes sont très différents selon que ton employeureuse relève du pôle linguistique francophone ou du néerlandophone…
Genre, vraiment différents… Et sur ce sujet on n’est pas du bon côté de la « barrière » linguistique, si tu veux mon avis.
Les groupes de fonction qui sont repris dans le tableau des rémunérations minimales sont détaillées dans cette CCT de 2013, et comme je suis trop cool et que j’adore faire des listes je reprends l’info dans toute son exhaustive exhaustivité :
1a – Artistes de spectacle ayant moins de 12 années d’expérience acquises après la fin de l’obligation scolaire
1b – Artistes de spectacle ayant plus de 12 années d’expérience acquises après la fin de l’obligation scolaire
2a – Technicien·nes et administrativfes avec responsabilités finales (les boss) ayant moins de 12 années d’expérience acquises après la fin de l’obligation scolaire
2b – Technicien·nes et administrativfes avec responsabilités finales (les boss) ayant plus de 12 années d’expérience acquises après la fin de l’obligation scolaire
3a – Technicien·nes et administrativfes avec responsabilités non finales travaillant sous lea responsable de secteur (les sous-boss) ayant moins de 12 années blablabla
Technicien·nes assumant aussi la régie en spectacle
3b – Technicien·nes et administrativfes avec responsabilités non finales travaillant sous lea responsable de secteur (les sous-boss) ayant plus de 12 années blablabla
Technicien·nes assumant aussi la régie en spectacle
4 – Technicien·nes des ateliers non compris·es dans la catégorie 3 et administratifves occupé·es à des tâches d’exécution (les sous-sous-boss)
5 – Personnel occupé à des tâches d’assistance logistique (montage, chargement, entretien, plateau)
6 – Figurant·es, autre personnel occupé à des tâches d’accueil, personnel d’appoint pour des tâches ne demandant aucune qualification
🦄
Au 18 février 2026, illustre date à laquelle je prends la plume pour te répondre, le salaire mensuel brut minimum pour un·e artiste de spectacle ayant + de 12 années d’expérience c’est 3.376,43 €.
Soit l’équivalent de 129,86 € bruts par jour au régime de 6 jours de travail par semaine (3.376,43 / 26 = 129,86).
C’est pas bien gras 🧈
À ma connaissance, et selon une étude statistique que je n’ai pas faite, les rémunérations proposées sont souvent au-dessus quand on travaille dans le circuit des compagnies et institutions subventionnées.
Les employeruesues réuni·es au sein des principales fédérations le recommandent d’ailleurs.
MAIS, et je l’écris en majuscule pour un petit effet dramatique : ça dépend largement de plusieurs critères :
☝🏻 Dans quel cadre financier se construit cette production (plusieurs coproducteurices, des subventions, beaucoup de représentations… ?)
✌🏻 Est-ce que l’entièreté des jours travaillés sont rémunérés ? Ou uniquement la dernière phase de création ? Ou uniquement les représentations ?
☝🏻+ ✌🏻 (pardon pour le calcul mais il n’y a pas d’emoji avec 3 doigts 😿) Et le travail invisible, est-il rémunéré ? Ne serait-ce qu’en partie ? Ne serait-ce que symboliquement ?
Car si les salaires proposés sont au-dessus des minima, c’est bien.
Mais si ils ne couvrent pas l’entièreté des temps de travail, c’est moins bien.
En gros ça varie (parfois largement) d’un projet à l’autre, d’une compagnie à l’autre, d’une institution à l’autre etc.
Les temps sont durs (spoiler alert : dans nos secteurs ils l’ont toujours été), et réunir les fonds pour financer une production c’est hard core (j’en parle également dans ma réponse à la question sur les résidences non-payées), donc parfois on en arrive à faire des propositions salariales pas super reluisantes…
Tu me demandes si les rémunérations proposées sont en moyenne au-dessus de ces minima…
En vérité je n’en sais rien car je ne pense pas que ces données soient compilées quelque part.
Je trouve que ça serait hyper intéressant de construire une sorte de grille, un outil qui nous permette d’encoder un tas de critères (poste occupé, ancienneté, niveau de responsabilités…) et d’obtenir ensuite, à titre indicatif, une rémunération moyenne pratiquée dans le secteur à critères équivalents…
Comme ça on pourrait se situer, réfléchir aux propositions en fonction de données un poil plus concrètes que « et comment je me sens quand on me propose ce salaire ? ».
Mais je n’ai aucune idée de comment on pourrait créer un tel outil…
Il faudrait compiler un max de données, les récolter et les encoder, construire une calculatrice high tech…
Si, parmi les lecteurices de la Rubrique à 2 balles, des personnes voulaient entamer ce type de travail (ou même peut-être que c’est déjà en cours et que je n’en ai aucune idée, naïve que je suis…) j’adorerais le savoir et voir comment je peux contribuer un peu à cette entreprise de conquête du fric.
Parce que bon… l’idée de ce genre d’outil c’est bien de conquérir le monde #MinusetCortex
Un centime après l’autre.
J’espère que ces informations éclaireront un peu ta lanterne,
Si tu as d’autres questions, surtout n’hésite pas !
À bientôt
Manon
Congé de maternité pour les travailleureuses sous contrat
La question d’É :
Coucou Manon,
Je vais bientôt être en congé maternité, et je ne comprends pas tout à fait comment mes allocations de maternité seront calculées, en sachant que je suis sous contrat de travail juste avant le début du congé de maternité…
Est-ce que tu en sais plus ?
Belle journée,
É
Ma réponse à 2 balles :
Très chère É,
Oui j’en sais plus 🤓
Voici un résumé Made in Manon des infos disponible in extenso sur le site de l’Inami.
Le congé maternité légal en Belgique est d’une durée de 15 semaines, tu as l’obligation de le faire démarrer au moins une semaine avant la date prévue d’accouchement et au maximum 6 semaines avant cette date prévue d’accouchement. Il s’agit bien de la date théorique de l’accouchement indiquée par lea doctoresse qui a constaté ta grossesse.
Un prérequis important : Pour avoir droit à une indemnité de maternité, il faut remplir ces deux critères :
1/ Avoir accompli un stage d’attente de 6 mois (donc être inscrite à la mutuelle en Belgique depuis au moins 6 mois)
2/a Si tu es salarié·e ou chômeureuse à temps plein, avoir travaillé (ou perçu des allocations de chômage ou de travailleureuse des arts) 120 jours pendant 6 mois.
2/b Si tu es salarié·e à temps partiel, avoir travaillé 400 heures pendant 6 mois.
Les allocations que tu vas percevoir pendant ce congé de maternité sont versées par ta mutuelle et calculées sur la base de ton dernier salaire journalier brut (puisque tu seras employée juste avant le début des congé maternité).
💰 Pendant les 30 premiers jours du congé de maternité, l’allocation brute est égale à 82% de ton dernier salaire journalier, plafonné à 183,13 € bruts / jour.
Ton indemnité brute maximale sera donc égale à 183,13 * 82% = 150,17 € / jour.
La mutuelle va prélever un précompte professionnel sur cette indemnité, de 11,11% non-négociables, l’allocation nette maximale que tu recevras pendant les 30 premiers jours de ton congé de maternité sera donc de 133,49 € / jour (6 jours par semaine).
💰 À partir du 31ième jour de ton congé de maternité, l’allocation brute est égale à 75% de ton dernier salaire journalier, toujours plafonné à 183,13 € bruts / jour.
Ton indemnité brute maximale sera alors de 183,13 * 75% = 137,35 € / jour.
Il y aura toujours un précompte de 11,11% qui sera retenu, ton allocation nette maximale à partir du 31ième jour de congé maternité sera donc de 122,09 € / jour (toujours en 6jours par semaine).
💶 Concrètement, ce plafond de 183,13 € bruts par jour est donc le salaire de référence à garder en tête pour l’anticipation optimisée de ce congé de maternité, d’un point de vue financier ! 💶
NB : Attention à la trésorerie, il y a une latence parfois longue avant le déclenchement des paiements par la mutuelle (durée de traitement du dossier j’imagine…?). Ça prend généralement plusieurs semaines 😒
NB 2 : Good to know ; l’indice pivot ayant été dépassé en décembre 2025, il va y avoir une indexation des salaires et prestations sociales en février-mars 2026. Cela aura pour conséquence d’augmenter de 2% le plafond salarial (et donc l’indemnité journalière aussi 🤑).
A priori le salaire de référence passerait donc à 186,79 € bruts / jour.
Ce qui voudrait dire que, pour les 30 premiers jours du congé de maternité, l’allocation brute maximale passerait à 153,17 € / jour et donc l’allocation nette maximale deviendrait 136,14 € / jour.
Et à partir du 31ième jour l’allocation brute maximale serait de 140,09 € / jour et donc l’allocation nette maximale serait de 124,53 € / jour.
Cette indexation est encore à confirmer (sa date exacte d’entrée en application n’est pas encore publiée à ma connaissance), et je ne sais pas quand ton congé commencerait, mais cette indexation te sera automatiquement accordée si ton salaire de référence est supérieur ou égal à 186,79 € bruts / jour.
J’espère que tout ceci t’éclaire un peu.
Si tu as d’autres questions surtout n’hésite pas !
À bientôt 💙
Manon
PS de janvier 2026 : la CCTA, Aires Libres et La RAC viennent d’éditer un Guide parentalité et travail en arts de la scène, il est à destination des compagnies mais regorge d’infos utiles et pertinentes pour toustes !
Congé de maternité pour les travailleureuses au chômage
Ma question à moi-même :
Cette question d’É sur les indemnités de maternité me donne envie de développer un billet spécifique sur les indemnités de maternité pour les personnes au chômage (qu’iels aient le statut de travailleureuse des arts ou pas, ça ne change rien).
Ma réponse à 2 balles à moi-même :
Chère moi-même,
Oui, c’est vraiment très intéressant de se poser également la question pour les personnes qui ne sont pas sous contrat de travail au moment de leur congé de maternité (ou en tous les cas qui ne l’étaient pas jusqu’à la veille du début du congé de maternité), merci de mettre ce sujet sur la table 🤓 👑 #ilovemyself
Voici un résumé des infos disponibles sur le site de l’Inami.
Le congé maternité légal en Belgique est d’une durée de 15 semaines, tu as l’obligation de le faire démarrer au moins une semaine avant la date prévue d’accouchement et au maximum 6 semaines avant cette date prévue d’accouchement. Il s’agit bien de la date théorique de l’accouchement indiquée par lea doctoresse qui a constaté ta grossesse.
Un prérequis important : Pour avoir droit à une indemnité de maternité, il faut remplir ces deux critères :
1/ Avoir accompli un stage d’attente de 6 mois (donc être inscrite à la mutuelle en Belgique depuis au moins 6 mois)
2/a Si tu es salarié·e ou chômeureuse à temps plein, avoir travaillé (ou perçu des allocations de chômage ou de travailleureuse des arts) 120 jours pendant 6 mois.
2/b Si tu es salarié·e à temps partiel, avoir travaillé 400 heures pendant 6 mois.
Les allocations que tu vas percevoir pendant ce congé de maternité sont versées par ta mutuelle et calculées sur la base de ton allocation de chômage et du revenu de référence utilisé pour le calcul de ton allocation de chômage.
NB : Ce revenu de référence est celui que l’Onem a pris en compte pour établir le calcul de ton allocation de chômage :
Soit le salaire brut mensuel de ton contrat de minimum 28 jours (ancien système, avant la réforme)
Soit le revenu mensuel brut moyen de ton dernier trimestre de travail avant l’obtention du statut (ancien système, avant la réforme)
Soit, si tu as obtenu ton statut après le 1 janvier 2024, 1 /156ième de l’ensemble de tes rémunérations brutes des 24 mois précédent ta demande d’allocation de travailleureuse des arts, plafonné à 123,04 € bruts / jour.
Donc, je digresse dans ma quête infinie d’exhaustivité 🤓
Ton allocation de congé de maternité serait de :
💰 Pendant les 30 premiers jours du congé de maternité, l’allocation brute est égale à ton allocation de chômage + 19,5 % de ton revenue de référence plafonné à 123,04 € bruts / jour, soit un complément brut de maximum 23,99 € / jour.
La mutuelle va prélever un précompte professionnel sur cette indemnité, de 11,11% non-négociables, l’allocation nette maximale que tu recevras pendant les 30 premiers jours de ton congé de maternité sera donc égale à ton allocation de chômage + 21,32 € / jour (6 jours par semaine).
💰 À partir du 31ième jour de ton congé de maternité, l’allocation brute est égale à ton allocation de chômage + 15 % de ton revenue de référence plafonné à 123,04 € bruts / jour, soit un complément brut de maximum 18,46 € / jour.
Il y aura toujours un précompte de 11,11% qui sera retenu, ton allocation nette maximale à partir du 31ième jour de congé maternité sera donc égale à ton allocation de chômage + 16,41 € / jour (6 jours par semaine).
NB : Attention à la trésorerie, il y a une latence parfois longue avant le déclenchement des paiements par la mutuelle (durée de traitement du dossier j’imagine…?). Ça prend généralement plusieurs semaines 😒
NB 2 : Good to know ; l’indice pivot ayant été dépassé en décembre 2025, il va y avoir une indexation des salaires et prestations sociales en février-mars 2026. Cela aura pour conséquence d’augmenter de 2% ton allocation de chômage et le salaire de référence (et donc l’indemnité journalière aussi 🤑).
A priori le salaire de référence passerait donc à 125,50 € bruts / jour.
Ce qui voudrait dire que, pour les 30 premiers jours du congé de maternité, l’allocation brute maximale représenterait ton allocation de chômage + un complément brut de maximum 24,47 € / jour ce qui représenterait un complément net de 21,75 € / jour.
Et à partir du 31ième jour l’allocation brute maximale représenterait ton allocation de chômage + un complément brut de maximum 18,83 € / jour ce qui représenterait un complément net de 16,74 € / jour.
Cette indexation est encore à confirmer (sa date exacte d’entrée en application n’est pas encore publiée à ma connaissance), et je ne sais pas quand ton congé commencerait, mais cette indexation te sera automatiquement accordée quoiqu’il en soit, tu n’as pas de démarche à entreprendre pour en bénéficier.
Voilà je ne sais pas très bien comment conclure cette lettre à moi-même… #allbymyself
Difficile de me dire « à bientôt » quand je passe -littéralement- 24h / 24 en ma compagnie 😑
Bref, bisous M
M
PS : Si vous voulez vous régaler d’une petite merveille des internets qui date de 2015 et n’a (à mon avis) pas pris une ride… cliquez sur mon dernier # 💝
PPS : la CCTA, Aires Libres et La RAC viennent d’éditer un Guide parentalité et travail en arts de la scène, il est à destination des compagnies mais regorge d’infos utiles et pertinentes pour toustes !
T’as pas une petite astuce pour épargner ?
La question de Jj :
Salut maman,
Il est génial ton site 😍
Moi aussi j’ai une question : comment je fais pour épargner mes thunes ?
À chaque fois je me dis que je vais épargner ce qu’il me reste de mes budgets cadeaux, mais à la fin il ne reste plus rien 😭
Bisous ❤️🔥
Jj
Ma réponse à 2 balles :
Salut mon ❤️
Merci pour tes compliments !!
C’est ta question qui est géniale 🤩
Mon astuce ultime pour épargner c’est de piéger mon cerveau…
Quand tu reçois des sous, tu te dis que tu mettras de côté ce qu’il reste, mais ton cerveau, tant qu’il en reste des thunes, il prévoit de les dépenser (et il ne manque pas d’idées, si tu vois ce que je veux dire 😜).
Donc mon meilleur truc pour épargner, c’est de le faire dès que l’argent arrive, pas à la fin.
Quand tu recevras un salaire, je te conseille de mettre de côté un montant d’épargne dès le début du mois.
En fonction de tes charges, de ce dont tu as besoin pour payer tes factures, tes frais et tes courses, tu calcules combien tu peux épargner et tu verses ce montant sur ton compte épargne dès le début du mois, comme ça cet argent n’est plus « disponible » pour d’autres dépenses ; tu ne le vois plus puisqu’il est parti sur ton compte épargne, et donc ton cerveau oublie que cet argent existe, le piège se referme 😎
Bien sûr, si tu as un imprévu, tu peux aller rechercher des sous sur ton compte épargne… ça sert à ça !
Mais tu verras qu’il est plus difficile d’aller rechercher de l’argent sur ton compte épargne que de dépenser des sous qui restent sur ton compte courant « en attente d’être épargnés à la fin du mois si il reste quelques centimes ».
Tout ça dépend bien entendu de tes revenus… Si tu gagnes à peine de quoi payer tes charges et tes frais, épargner c’est presque mission impossible 😒
Bisous mon 🐣
La rémunération d’un·e chargé·e de diffusion freelance
La question de S :
Bonjour !
Je suis jeune chargée de diffusion qui travaille de projet en projet pour le moment.
J’ai beaucoup de difficulté avec la discussion sur ma rémunération.
On m’avait conseillé 15% du prix de cession avec un minimum de 200 € TTC. J’ai du mal à défendre ma rémunération que je n’arrive pas à faire correspondre (évidemment) avec le nombre d’heures de travail et avec cette notion de n’être payée qu’au résultat.
Y a-t-il d’autres modèles pour une travailleuse « indépendante » en diffusion comme moi ?
Un modèle qui me mettrait aussi à un endroit moins précaire financièrement et plus facile à expliquer vis-à-vis des artistes (car souvent 15% leur paraît énorme là ou 200 € TTC pas…) ?
Merci pour ta réponse !
S
Ma réponse à 2 balles :
Bonjour S,
Merci pour cette question très intéressante que je me suis également posée en tant que chargée de production… !
Tu m’écris être jeune, et c’est clair qu’au début de ta carrière, si ton activité n’est pas encore ancrée dans une structure administrative et un réseau robuste et financé, ça peut être compliqué de lutter contre la précarité 🤯.
Là tout de suite, je rebondis sur 2 modèles de rémunération courants dans ton cas, + une idée qui pourrait contrer un peu l’aspect précaire :
1. Celui que tu pratiques déjà, soit une « rémunération au résultat » qui n’advient que quand le spectacle tourne effectivement et dont le montant est calculé sur le prix de cession.
👑 Je pense que tu fais bien de fixer cependant un « forfait plancher » par date, parce que si le prix de cession du spectacle est super bas, ou qu’il est re-négocié fortement à la baisse… Ce serait ta rémunération qui fondrait avec et bon… a girl’s gotta eat !!
⚠️ Le danger de cette méthode, quand elle est appliquée seule, c’est que ton travail de préparation (90% du job quoi…) n’est jamais rémunéré, parce que… quand le spectacle tourne… a priori tu tournes avec lui… POUR CONTINUER À LE VENDRE 🤑
2. Tu pourrais également partir sur une base forfaitaire, pour valoriser le temps de travail investi en amont des ventes et tournées…
Ce forfait, dont le montant est convenu avec lea porteureuse du projet, couvrirait ce travail de fourmi qui permettra (je te le souhaite !) d’aboutir à des ventes du spectacle 🎰
👑 À mon sens ces 2 modèles sont 100% compatibles : Tu as une base avec laquelle ton travail de prépa est valorisé, et ensuite plus ton travail porte ses fruits et plus tu es rémunérée, d’autant plus que plus le spectacle tourne et plus tu continueras à avoir du taff : le suivi de diffusion et l’accompagnement en tournée ce n’est pas rien !!
3. Une idée (potentiellement complémentaire) pourrait être de limiter la précarité financière de ton modèle en rejoignant un bureau de diffusion et d’accompagnement de projet ?
Il en existe quelques-uns (tu peux en trouver beaucoup au sein du ProDiff Collectif), il s’agit de structures qui sont parvenues à ancrer leur pratique d’accompagnement des artistes (production, diffusion, développement de projets etc.) dans un cadre financier plus stable (souvent subventionné) et aussi en équipe.
💝 Cette dimension du travail en équipe me semble importante ; car nos métiers sont intenses, et trop souvent solitaires… En mutualisant des outils administratifs (ASBL employeuse) et logistiques (espaces de bureaux, équipements etc.), on se protège un peu de cet isolement qui conduit si vite à la précarité.
Et on gagne des collègues par la même occasion, ce qui permet de tisser des réseaux de solidarité et d’entraide.
Après avoir écrit tout ça, je me dis qu’en fait je te souhaite une combinaison de ces 3 modèles.
Il y a des personnes super qui dirigent ces bureaux d’accompagnement d’artistes, certaines se rendent directement accessibles (hello les membres d’openoffice et Modul, pour ne citer qu’elleux 😉) et les autres sont facilement joignables par email et/ou téléphone.
Je ne peux pas parler en leurs noms, mais je t’enjoindrais à les contacter et à voir si vous pouvez construire des choses ensemble 🤗
Pour conclure, une petite réflexion sur la deuxième partie de ta question qui évoque la difficulté rencontrée par certain·es à comprendre une rémunération au pourcentage vs. une rémunération fixe : il n’y a pas assez d’argent dans notre secteur pour que chacun·e soit dignement rémunéré·e pour le travail fourni.
Nous nous retrouvons constamment à bricoler des solutions, qui tiennent la route surtout car nous sommes déterminé·es et obstiné·es.
Quand on imagine une rémunération « au pourcentage », ça désolidarise la rémunération du temps travaillé… potentiellement au bénéfice de la personne qui va toucher cette rémunération… !
Ah mais si mon spectacle a un max de succès tu vas t’en mettre plein les poches sur mon dos ?!?
Je comprends ce type de raisonnement, même si je ne le partage pas…
Dans notre secteur l’immense majorité des travailleureuses freelance investissent bien plus de travail que le temps qui sera effectivement rémunéré. On peut dire que c’est OK qu’une partie de ce travail soit rémunéré a posteriori en cas de succès… please !
En tant que responsable de diffusion, en proposant une rémunération au pourcentage tu proposes de partager avec lea porteureuse de projet les risques liés à ton travail :
💵 si ça prend, le spectacle se vend, tu seras rémunérée lors des tournées
💸 si ça prend pas… ben toi non plus tu ne seras pas payée, malgré tout le travail « invisible » fourni en amont…
J’espère avoir éclairé ta lanterne⚡️
Merci de te lancer dans ce métier si complexe et singulier qu’est celui de la diffusion !
À bientôt
Manon
Les résidences de recherche pas payées… euh… WTF ?
La question de Carrie Bradshaw :
Bonjour Manon !
Je voudrais poser une question qui me taraude bien l’esprit depuis quelques temps.
J’ai le statut de travailleuse des arts et ma question est : Est-ce que c’est normal que pour un futur projet, des périodes de résidence ne soient pas rémunérées ?
Est-ce que c’est monnaie courante de pas être rémunérée à chaque résidence et « c’est pas grave vu que j’ai le statut donc en quelque sorte je suis rémunérée » ?
Voilà !
Merci d’avance et merci pour ce monstrueux travail méga utile de swaggeuse badass !!
:**
Ma réponse à 2 balles :
Chère Mme Bradshaw,
May I call you Carrie ?!? 🤩
Merci pour cette question et ces retours maxi love !! 😍
Est-ce que c’est normal ?
Non 😡
Est-ce que c’est la norme ?
Oui 😭
Thank you for attending my TEDTalk 🤓
Bisous
__________
Je blague, évidemment que je vais (probablement) écrire un roman pour te répondre #commedhabitude
Quand les porteureuses de projets arts de la scène ne sont pas « structuré·es » au sein d’une compagnie qui bénéficie de subventions pluriannuelles (contrats de création ou contrat-programme en FWB), il leur est très difficile de financer les phases de recherche et pré-production de leurs projets…
Les différentes aides ponctuelles proposées par la Fédération Wallonie-Bruxelles sont les bourses et les aides à la création, mais celles-ci sont limitées (max. 15.000 € pour la bourse -qui est plutôt plafonnée autour de 8.000 €- et max 30.000 € pour une aide à la création premier projet, par exemple), et en toute honnêteté elles ne me semblent pas du tout suffisantes au vu de l’ampleur du travail qui est déployé pour aboutir à des spectacles dignes de ce nom.
D’autres financements existent, des bourses à l’écriture, des résidences défrayées etc. Mais ils ne sont pas nombreux et… ce n’est pas non plus un max de thunes…
Chaque candidature, chaque open-call représente un dossier, souvent conséquent et complexe, là aussi se cache énormément de travail invisible et non-rémunéré.
Construire le financement d’un projet de recherche et/ou création est un travail d’équilibriste : un aller-retour constant entre
💻 Décrire le travail qu’on veut faire (et pour lequel on a besoin de thunes !!)
🎭 Faire le travail pour que le projet avance et se dessine
💻 Décrire les étapes réalisées et les avancées du projet (pour trouver des partenaires, des soutiens, des thunes…)
👯♀️ Continuer à travailler, chercher, créer pour que le projet progresse et évolue
💻 Décrire les progrès et évolution du projet afin de convaincre, rassurer, embarquer les partenaires, les soutiens et les thunes
🥳 Poursuivre les résidences, étapes de création, répétitions… et aboutir à un spectacle (…?)
Le tout en slalomant entre les pertes de confiance, les victoires et les défaites, les bonnes et les mauvaises nouvelles, les bonnes et les mauvaises idées, les vrais et les faux espoirs.
Bref, c’est chaud.
Et si on attend que l’ensemble des conditions de travail optimales soient réunies, malheureusement on ne se lance jamais, on a dit qu’on se mentait pas.
Résumé en images des slaloms et montagnes russes décris ci-dessus :
🤗🤯🤓😭🤑😰🤢🙃😵💫🤩
J’aime les emojis, je suis une #milennial
Mais bon, ça c’est pour la big picture, pour recarder le cadre et aussi -un peu- tourner autour du pot…
En vrai : non, je ne trouve pas normal que ton travail ne soit pas rémunéré en tant qu’artiste chercheuse.
Mais après avoir écrit ce que j’ai écrit plus haut pour contextualiser le contexte, je pose la nuance suivante : À mon sens, tout dépend du cadre financier dans lequel sont déployés les projets.
➡️ Si lea porteureuse de projet ne bénéficie pas de financements structurels, qu’iel évolue en marge des « grandes institutions » car iel fait partie de l’émergence et/ou parce que c’est dans cette marge que peut se déployer son travail, alors ce manque d’argent pour rémunérer l’équipe de recherche et de création (elle/lui même inclus·e) n’est pas tout à fait de son ressort, il est systémique.
Et pour cette raison, je pense que même si ce n’est pas normal ça peut quand même être okay.
Ce qui ne veut pas dire que tu dois systématiquement accepter de ne pas être rémunérée, ni que tu dois accepter de t’engager dans un projet sans avoir une vision un peu claire de son cadre financier…
Tu pourrais, par exemple, demander un aperçu global de la manière dont la création est envisagée, tant en termes de planning que de rémunération.
Comme ça tu vois dans quoi tu te lances, tu peux poser des limites et/ou des conditions…
Si effectivement tu as ton statut de travailleuse des arts, tu as la chance de pouvoir te permettre moins difficilement de travailler sans être rémunérée ; tu es (en partie) couverte.
Vive les caisses de solidarité !
Vive les combats sociaux gagnés par les générations qui nous ont précédé !
Merci pour les allocations de chômage, les indemnités maladie, les pensions 💝
À titre personnel, et j’espère que personne à l’Onem ne lit la Rubrique à 2 balles 🥸, je me suis toujours dit que mes allocations de travailleuse des arts co-finançaient mon travail quand celui-ci n’est que partiellement (ou pas du tout) rémunéré, un peu comme un subside.
C’est toujours le cas après 15 ans de boutique #j’auraispeut-êtreduêtreingénieure
Cette question est complexe et hyper intéressante, elle traverse beaucoup de sujets tant collectifs qu’intimes (notre rapport à l’argent, au salaire, à la valeur que nous accordons à notre travail, à celle qui nous est accordée par nos pairs etc.)
Ce qui serait, à mon sens, une erreur, ce serait de penser que les porteureuses de projets rémunèrent leurs équipes avec les quelques euros qui restent après s’être copieusement payé·es elleux-même 💰.
D’après mon expérience 👵🏻, c’est franchement l’inverse.
L’art et la culture restent parmi les parents pauvres des politiques économiques capitalistes…
Ne nous laissons pas oublier que le problème des pauvres, c’est le manque d’argent (c’est pas moi qui le dit, c’est Denis Colombi qu’on peut entendre dans l’épisode de Thunes « Sortir de la pauvreté, une question de volonté ? » disponible sur la Playlist à 2 balles)
Je ne veux pas terminer sur une conclusion défaitiste, parce qu’il nous faut prendre soin de nos énergies et garder le focus sur les luttes en cours, sur les projets qui se créent, sur celleux qui font réellement bouger les lignes en mettant en place des cadres de travail différents…
Alors je te partage le Groupe 31 mars qui réunit des travailleureuses des arts en lutte et en résistance ✊🏼
Merci pour cette question géniale,
J’espère que mes réflexions nourriront les tiennes.
À bientôt
Manon
Combien coûte la Rubrique à 2 balles ?
Pas un balle !
Si c’est gratuit, c’est toi le produit
Nan, c’est pré payé : comme le forfait téléphone 🤓
C’est financé par Venedig Meer qui bénéficie d’un contrat-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre, donc c’est pré-payé par… tes impôts !!
Merci 🥰
Et aussi par les impôts de ton tonton réac
Merci 😈
Mais pas par les impôts des familles Frère, De Nul, Coucke et leurs copaines vu qu’iels en payent pas
Pas merci ☠️
Bisous ! 💋
Ta question à 1.000 balles ?
Si toi aussi tu te poses des questions à 2, 10, 100 ou même 1.000 balles, et que tu rêves de lire ma réponse, rien de plus simple !
Tu peux m’écrire à l’adresse e-mail questions@2balles.be, ou bien remplir ce formulaire sophistiqué et pourtant relativement simple d’utilisation et intuitif (oui, quand même assez intuitif, non ?).
Si tu choisis de rester anonyme via le formulaire, tu pourras trouver ma réponse ici dans quelques heures, jours ou semaines, en fonction du temps à ma disposition.